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Le conte du cultivateur regressé | A Regressor’s Tale of Cultivation | 회귀수선전
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Chapitre 92 – Premier jour du dixième cycle
Chapitre 91 – Fleur vivante (4) Menu à suivre...

Auteur : Thremendous

Traductrice : Moonkissed

Blink !

J’ouvris les yeux et regarda autour de moi.

L’odeur familière de la forêt m’enveloppa.

‘… Je suis mort.’

Je ne m’attendais pas à survivre, mais c’était frustrant de n’avoir infligé aucun dégât significatif.

‘J’imagine que ma dernière action—maudire les Fruits de Longévité—n’était qu’un dernier sursaut…’

Je claqua la langue.

‘Est-ce là la puissance d’un cultivateur de l’Âme Naissante ?’

Je me rappellai comment le sort de Yuan Li avait englouti tout le désert comme une tempête de sable lorsque la brume sanglante s’était levée.

‘Un cultivateur de Formation du Noyau comparable à une catastrophe naturelle ? Ridicule.’

“Ça”, voilà ce qu’est une vraie catastrophe.

La Formation du Noyau n’est qu’un stade où l’on imite une calamité.

Je sentais mes compagnons s’éveiller peu à peu autour de moi.

J’aiguillonne ma conscience et lança un sort de sommeil pour les replonger tous dans l’assoupissement.

Puis, je remarqua quelque chose d’étrange.

‘Pourquoi… mon dantian supérieur ne fait-il pas mal ?’

Je n’ai pas séparé ma conscience avec l’Épée Informe et je n’en ai pas encore ajusté la taille.

Pourtant, mon dantian supérieur est intact.

Aucun signe d’enflure.

‘Quoi… ugh !’

— Keuhuk… !

Un mal de tête fulgurant me transperça ; je saisis mon crâne et me tordis au sol.

— Kof, kuhuk… !

C’est comme si mon âme se déchirait ! Ça faisait mal ! Atrocement !

Et je compris pourquoi.

‘Com… comment…’

Au cœur de ma conscience.

Là où réside mon âme.

Cinq étendards rouge sang y étaient plantés.

— Aaaaargh… !

Les Cinq Bannières de Malédiction des Cinq Éléments laissées par Yuan Li.

Elles m’avaient suivi à travers mon retour et demeuraient en mon âme.

— Uhk, uhk… !

Heureusement, après avoir déchaîné leur fureur et lacéré mon âme un moment, les cinq bannières se calm`rent peu à peu et commencèrent à se poser.

Un peu plus tard.

— Houu, houu…

L’accès de rage des bannières cessa enfin, et je pu me relever.

— … C’est insensé…

Un frisson me parcourut l’échine.

Le retour n’était pas invincible.

J’aurais dû comprendre que ma conscience et mon âme se maintiennent à chaque renaissance.

Les entraves liées à ma conscience et à mon âme reviennent avec moi !

‘Ai-je été trop complaisant jusque-là…’

Si un haut cultivateur me lave le cerveau volontairement ou m’impose une entrave spirituelle, cette entrave persistera après mon retour.

En d’autres termes, si je tombe un jour entre les mains d’un haut cultivateur, je pourrais devenir son esclave pour l’éternité.

‘Que faire de ces Cinq Bannières… ?’

Si la malédiction revenue avec moi est reliée à Yuan Li, il l’a peut-être déjà senti dans le Désert Fouleur des Cieux.

‘Je devrais être en sécurité pour quelques jours au moins.’

Mais sachant que Yuan Li est un Âme Naissante qui n’a émergé qu’après avoir attendu l’ascension des Célestes, il n’oserait pas se montrer alors que le monde est encore rempli de cultivateurs Célestes.

‘Devrais-je demander aux Célestes qui arrivent d’y jeter un œil ?’

Si je sollicite le Saint Tigre Azur, vu son caractère, il acceptera au moins de regarder.

M’agrippant à cet espoir, je trouva d’abord des racines de bambou jaune et procéda à la transformation complète.

Creak, crack…

L’harmonie s’établit entre mes dantians supérieur, moyen et inférieur, et mon corps évolua pour contenir sans effort une conscience accrue.

‘Même le léger mal de tête a disparu.’

J’observai à nouveau ma conscience et mon dantian supérieur.

‘Cependant, ces Cinq Bannières… Sans la contrainte mentale de Yuan Li, elles seraient bien utiles dans les débuts du retour.’

Les bannières réprimaient ma conscience et empêchaient l’enflure du dantian supérieur.

Grâce à cela, je n’ai pas eu à séparer ma conscience pour éviter les migraines au début de la renaissance.

Avec l’Épée Informe et les Cinq Bannières, la surcharge du dantian supérieur causée par la conscience fut complètement résolue.

— Alors, voyons…

D’abord, je porta mes compagnons jusqu’à une grotte.

Ensuite, je renforça le sort de sommeil et j’observa ma conscience.

Au plus profond.

Dans mon âme.

Cinq étendards rouge sang étaient implantés.

J’inspecta avec les sens démoniaques.

Le flux du Yin et du Yang émanant des cinq étendards réprimait ma conscience par renforcement mutuel.

Mais l’énergie Yin-Yang n’était pas connectée à un lieu lointain.

Même chose pour l’intention.

‘L’intention d’un autre circule, mais elle se disperse peu à peu et n’est pas particulièrement reliée vers l’extérieur.’

‘Pour l’instant, il semble que Yuan Li n’y soit pas relié.’

Même les rémanences de son intention se dissipaient lentement, et la mienne prenait la place où la sienne s’évaporait.

— Je me demande si l’intention de Yuan Li disparaîtra complètement une fois dispersée ?

Au rythme actuel, tout devrait se dissiper bientôt.

Mais j’ai un mauvais pressentiment à propos de l’intention qui affleure à travers l’entrave.

‘C’est mon intention, mais elle ne m’obéit pas.’

L’intention qui glisse sur l’entrave suit sa propre logique, pas la mienne, contribuant à brider ma conscience.

Wong !

Dès que j’essaya de mouvoir ma conscience avec le Double Contrôle de l’Énergie et de l’Épée, les bannières vibrèrent et pressèrent ma conscience.

— Ugh…

Aller plus loin me vaudrait à nouveau la douleur de l’âme lacérée.

‘Le grand mouvement de conscience est restreint par la Malédiction.’

Heureusement, à la toute fin de ma vie précédente—

Devant Yuan Li, même mon corps était entravé ; maintenant, peut-être parce que l’intention de Yuan Li se dissipe, je ne souffre pas tant que je ne bouge pas ma conscience à grande échelle.

‘Je dois au moins atténuer l’entrave.’

En observant son flux, j’attendis la complète dispersion de l’intention de Yuan Li.

Une fois toute trace effacée, j’examina prudemment l’entrave.

‘Ceci…’

J’observa la bannière et compris bientôt son principe fondamental.

‘Une entrave qui interprète la conscience humaine selon les Cinq Éléments.’

Sans ma maîtrise complète des Cinq Voies Surpassantes de la Cultivation et ma compréhension de l’énergie spirituelle des Cinq Éléments, je n’aurais pas discerné si vite le principe de base.

— Huh, intéressant.

Bien sûr, énergie spirituelle, conscience et âme ne sont pas identiques, donc, même avec ma maîtrise, je ne peux pas démanteler l’entrave en un instant.

‘Mais si je comprends cette méthode qui fait correspondre les Cinq Éléments à l’esprit humain…’

Alors que je déchiffrai les symboles des bannières—

‘Attends, ça…’

Je réalisai soudain que ces symboles m’étaient très familiers.

Je revis la base des Cinq Bannières.

— Des sorts de malédiction…

Un sort qui maximise la douleur d’autrui et réprime l’adversaire.

Ces signes ressemblent fort aux symboles de malédiction de l’Incantation de l’Âme Yin Fantomatique.

‘Exact.’

Un sort qui interprète l’esprit humain selon les Cinq Éléments et trouve, pour chaque élément, quelle douleur infliger à l’esprit.

Voilà la vraie nature des Cinq Bannières.

Chalalalak !

En saisissant ce fondement, je compris que je pouvais interférer avec les bannières plantées en mon âme par la conscience.

‘L’esprit humain, ce sont les Cinq Éléments. La réalisation eue en comprenant la Sphère de Gang — que je ne suis pas “seulement moi”, et qu’à l’image des Cinq Éléments qui s’engendrent et se contrarient, l’esprit est composé de parts différentes…’

Wong !

Mon intention se mut lentement et manipula les bannières.

Profondément ancrées en mon âme, elles commencèrent à bouger et remontèrent peu à peu à la surface de l’âme.

‘Repousse-les… !’

Paaaat !

Ma conscience revint.

La taille de mon ancienne conscience se rétablit progressivement, me permettant de la mouvoir à ma guise.

— Aaah…

Je redressa cette conscience, inconfortablement comprimée par les bannières — comme un corps qui s’étire après être resté coincé.

Je me sentais revivre un peu.

Cependant—

Click !

À mesure qu’elle remontait, ma conscience s’emmêlait de nouveau dans les bannières ; j’en récupérai environ 70 % de mobilité. J’ouvris alors les yeux.

— Me manque-t-il quelque chose pour relâcher complètement l’entrave métallique ?

Avec plus de 70 % revenus, je n’ai presque plus d’inconfort. Je peux même pousser les 30 % restants si je supporte la douleur, donc je ne m’en inquiète pas.

Mais j’ai beau forcer, les bannières ne disparaissent pas. Il manque quelque chose.

‘Ce fichu Bois Sanglant. Il m’a laissé un cadeau empoisonné.’

À ce stade, j’interrompis mes recherches sur l’entrave mentale et décida de confier la suite au seigneur Chang-ho et aux autres.

— Si le Saint Tigre Azur ne peut pas, j’écouterai le testament de Song Jin qui demeure dans le Vaisseau de la Traversée des Enfers, et je lui demanderai de l’aide.

Après tout, en tant que rémanence d’un Céleste, il doit beaucoup savoir et aura sûrement une solution.

Wo-woong !

J’apaisai ma conscience et rouvrit les yeux.

Le soleil se couchait.

Après avoir dévisagé mes compagnons endormis, je me perdis dans mes pensées.

— Qu’est-ce que le destin…

Le destin, dont parlait l’ombre de Yang Su-jin au Pic du Ciel Brisé.

Le destin, tel que l’a compris Kim Young-hoon.

Le destin, tel que l’a expliqué Yuan Li après avoir obtenu le Sceau du Commandement.

Le Seigneur Fou a dit que le destin existait bel et bien.

Il semble même possible d’y interférer, une fois le sommet de la cultivation atteint.

‘Et, le Crépusculaire…’

Dans ma dernière vie, en voyant la rémanence de Yang Su-jin—

‘Malgré son pouvoir d’interférer avec le destin, même Yang Su-jin a fini ainsi. Quelque chose surveillerait-il les Trois Mille Mondes, à la recherche des Crépusculaires ?’

Qu’est-ce qu’un Crépusculaire, et qu’est-ce que ce monde ?

Je levai les yeux vers le ciel où le couchant cédait la place aux étoiles.

Puis…

J’eu soudain l’impression que ces étoiles veillaient sur la terre comme des yeux, et je frissonna.

‘Tsk, je cogite trop.’

L’idée que chaque étoile soit un œil — c’est le comble du glauque.

Je secoua la tête.

‘J’en ai trop vu dans ma vie passée…’

Atteindre l’Édification du Qi, réaliser “Entrer aux Cieux hors de la Voie”, capturer Song Jin avec Seo Ran, veiller à sa mort, apprendre à piloter le Vaisseau de la Traversée des Enfers, découvrir le Palais du Commandement Servant.

Kim Young-hoon qui meurt après avoir entrevu la voie au-dessus d’Entrer aux Cieux hors de la Voie.

Passer plusieurs siècles dans le Palais du Commandement Servant, puis me faire tuer par l’Âme Naissante Yuan Li.

Il semble que mon esprit vacille à force d’avoir trop vécu, trop longtemps.

J’apaisai mon crâne palpitant et soupira.

Je regarda Kim Young-hoon endormi.

Je me souvins de lui dans ma dernière vie.

‘Il m’a dit de vivre un peu plus comme un humain.’

Oui… peut-être qu’y aller doucement, dans cette vie, n’est pas une si mauvaise idée.

Vivre comme un humain…

‘Oublier le Palais du Commandement Servant, le destin, les Crépusculaires — et me reposer.’

Surtout après la dernière vie, où Yuan Li a torturé mon âme, le besoin de repos est plus pressant.

‘Dans cette vie, je demanderai aux Célestes à propos des Cinq Bannières, puis je me ménagerai pour réparer ma santé mentale.’

Sur cette pensée, je fis circuler lentement mon énergie interne dans l’air nocturne.

Wo-woong !

Peu à peu, un Noyau Interne se forma dans mon dantian.

Tout mon corps picota agréablement, comme après un rot satisfaisant.

Et puis—

Koong, Koong !

Peu après la formation du Noyau, une masse blanche approcha, venue d’au-delà de la forêt.

Je fronça légèrement les sourcils devant la silhouette qui interrompit ma méditation.

Koong, Koong, Koong !

[Toi… Quelle bête démoniaque ose pénétrer dans ma forêt ?]

— … Maître de la forêt.

Un renard démon de Formation du Noyau vivant dans la Voie de l’Ascension.

À sa vue, je m’adressai poliment.

— J’ai été entraîné par une faille spatiale et suis tombé ici.

La créature, jusqu’ici, s’était montrée un brin chevaleresque : elle se retirait après m’avoir pris un bras, observant quelques manières.

— Accordez-moi votre clémence et laissez-moi rester ici quelques jours.

Je garderai, moi aussi, les manières jusqu’au bout.

[Sale bête, cesse tes balivernes. Si tu veux rester dans ma forêt, il te faudra offrir tes membres.]

— … Maître de la forêt, je vous implore. Laissez-moi rester.

[Comment oses-tu, démon, fouler le territoire d’un autre sans invitation et demander grâce ?]

— Maître de la forêt, pardonnez mon incivilité. Je vous supplie une dernière fois, s’il vous plaît…

[Assez ! Remets ton Noyau Démoniaque, intrus !]

Kwaang !

Le renard leva sa patte avant pour m’écraser.

Wham !

[Quoi…]

Je leva l’Épée Informe et para sa patte.

— Haa… Je vous ai supplié trois fois. Trois fois, n’est-ce pas assez de patience ?

J’étais un peu inquiet, à vrai dire.

Cela m’aurait paru injuste si cette maudite créature s’était, contre toute attente, retirée galamment.

Mais il semble qu’il n’y ait pas grande différence, cette fois encore.

— Aujourd’hui, c’est jour de chien : renard immonde, à table.

Je fixa le renard et souris franchement.

Sentant le tranchant de mon Épée Informe, le renard tressailla.

Peut-être que j’attendais ce jour depuis toujours.

— On lance la chasse au renard…

Kugugugu !

J’approfondis le sommeil de mes compagnons d’un autre sort et j’avança d’un pas vers le renard.

La nuit sera longue.

Chasse au Renard

Swoosh !

Une feuille tourbillonna au vent.

Je donna l’assaut.

Art de l’Épée Tranche-Montagne — Mont Qi, Ciel du Coeur !

Mon Épée Informe grandit d’un coup et s’abattit sur le crâne du renard.

Nos regards se croisèrent une fraction de seconde.

Une intention rouge me cibla de toutes parts.

Une rafale de griffes blanches suivit l’intention, me fondant dessus.

Un impact direct réduirait mon corps — redevenu mortel depuis l’Édification du Qi — en lambeaux.

Cependant—

Whoosh, Whoosh, Whoosh !

Tenant l’Épée Informe, je bougea sur des trajectoires sans forme, avec un jeu de jambes invisible.

Vol du Seigneur des Montagnes !

Kuang ! Kuang ! Kuang !

Mon Épée Informe s’écrasa sur le renard, dispersant ses attaques aux alentours.

Un nuage de poussière s’éleva, un vent brûlant souffle du centre, chassant la poussière.

— Espèce… d’ordure !

Balafré de coups d’épée, le renard me fusilla, furieux, moi qui étais indemne.

Il n’y a pas de raison de ne pas esquiver quand je vois toutes les trajectoires.

Au lieu de répondre à sa colère, je rétracta l’Épée Informe et pris la posture du Sabre Tranche-Veine.

Si un cultivateur, par ses sorts, domine l’espace autour de lui et fait du monde un “un pour soi”,

Un martialiste comprend l’espace et s’y adapte.

Les arbres autour.

Les feuilles qui tombent.

La respiration de mes compagnons endormis.

Les battements de cœur.

L’énergie, la vigueur, le pouls, les bruits entre les muscles que m’envoie le renard.

‘Concentre-toi davantage.’

Les insectes au sol.

La rosée tombée lors de notre premier choc.

Le souffle circonspect du renard, le battement de mon propre cœur.

En saisissant tout cela, je trouvai la voie optimale et façonnai l’Épée Informe en forme optimale.

Sabre Tranche-Veine — Vent de Montagne !

L’Épée Informe devint une rafale et fila vers le cœur du renard.

Un assaut trop rapide pour réagir !

Psiaaat !

Les feuilles entre nous furent toutes tranchées par le passage de l’Épée Informe, qui atteint la poitrine du renard.

En un instant, la conscience du renard se comprima à l’identique de lui-même, nimbée de lumière blanche.

Kuuu Guang Guang Guang !

‘Ça n’a pas percé.’

La peau du renard de Formation du Noyau avait bel et bien une défense redoutable, encore renforcée par sa capacité unique.

Pourtant, incapable d’endurer la puissance de l’Épée Informe, il fut repoussé en l’air.

Bang !

Je pris appui dans le vide et me dressa devant lui, Épée Informe levée.

Auuuuu !

Le renard hurla.

Des milliers de renards de feu apparurent, devenant des clones identiques au renard blanc.

Des centaines, des milliers m’encerclèrent et se ruèrent.

— Inutile.

Je ménageai ma force : avec intention et sens démoniaques, j’identifie le vrai et abattis l’Épée Informe.

Art de l’Épée Tranche-Montagne—

Montagnes Superposées ; Vallée qui Répond à l’Écho des Montagnes ; Neuf Montagnes, Huit Mers.

L’Épée Informe s’allongea, entrava le vrai renard, frappa en vagues, puis trancha en tous sens.

Les clones m’assaillirent, mais je lis le flux optimal au milieu des voies multiples et les évita tous.

Se ciblant entre eux, ils s’épuisèrent et disparurent. Le renard, meurtri, déploya un autre pouvoir.

Couiiic !

Un éclat scintilla, le paysage changea.

Dans une explosion de blanc, gémissements et souffles excités résonnèrent tout autour ; une extase subtile envahit mon corps.

— Une illusion ?

Je ricana et leva la main pour saisir le vide.

— Quelle banalité.

Crack !

Je me connecta au noyau de l’Épée Informe.

Je sentis mon essence de cœur.

La douleur de la vie qu’elle percevait.

L’acéré du corps entier comme plongé dans des lames transparentes.

La douleur me réveilla, brisa l’illusion avant qu’elle n’éclose.

Dans ce bref instant, le renard s’était dissimulé, disparu à vue.

Art de l’Épée Tranche-Montagne — Peinture de Paysage !

Shaaaa !

L’Épée Informe se déploya en tous sens et brouilla l’environnement.

Le renard, tapi en embuscade, réapparut pour lancer un sort.

Art de l’Épée Tranche-Montagne — Crête Odoyante !

Kwang !

Je fila comme un trait et piqua le renard sans à-coup.

Kuaang !

Un éclat blanc jaillit de sa gueule et me fit face.

Je changea immédiatement de posture.

La trajectoire de l’Épée Informe suivit le mouvement.

Art de l’Épée Tranche-Montagne — Veine Ascendante !

Kwaang !

L’Épée Informe jaillit du dessous et frappa la mâchoire.

Kwaang !

Le rayon blanc explosa dans sa gueule, noyant sa tête de lumière.

Mais le renard n’était guère entamé ; il enveloppa ses trois queues de lumière et les abattit sur moi.

Art de l’Épée Tranche-Montagne — Vallée qui Répond !

J’engloba l’attaque dans le flux de l’Épée Informe, captura la force et la renvoya.

Kwaang !

Nouvelle explosion ; le renard fut rejeté.

Kraaa !

Rageur, il hurla en chutant, disséminant des éclairs blancs, et effondra le terrain alentour.

Sa forme de conscience se condensa, identique à lui-même.

— On dirait que tu t’échauffes.

Je souris, dents découvertes.

— Voyons qui l’emporte.

Cerné par des centaines et milliers de fils d’intention, je fixa le renard ; il me rendit mon regard.

Nimbé de lumière, il fonça.

La vitesse de la Technique de Fuite Volante d’un Formation du Noyau !

Non : mêlée à la vélocité naturelle du renard démoniaque, c’était plus rapide, plus féroce qu’un Formation du Noyau ordinaire.

Art de l’Épée Tranche-Montagne — Liesse des Monts et des Pics !

Des milliers de trajectoires sans forme barrèrent la route.

Il hurla ; des milliers de renards de feu emplirent à nouveau l’espace.

Cette fois, leurs trajectoires étaient plus vives, plus complexes ; ils se ruent.

Art de l’Épée Tranche-Montagne — Falaise Blasonnée !

L’Épée Informe m’enveloppa ; défense et attaque ne firent qu’un, tout fut lacéré.

Art de l’Épée Tranche-Montagne — Crête Odoyante !

L’Épée Informe en main, je traversa des faisceaux d’intention et pointa le renard.

Pris de fureur, il se démena pour me prendre.

D’un revers de patte, il écroula la montagne devant ; d’un coup de queue, il évapora la rivière derrière.

Art de l’Épée Tranche-Montagne — Transformation des Monts et Vallées !

Je planta l’Épée Informe dans le sol ; le paysage se distordit sous ma volonté, et le renard chuta au fond d’un gouffre.

Swoosh !

Il draina sa force et façonna des lances blanches tout autour, jaillissant du puits.

Art de l’Épée Tranche-Montagne — 108 Lumières, Pic Émergent ; Montagnes Superposées !

L’Épée Informe se divisa en cent huit parties, superposa Montagnes Superposées et créa cent huit rocs incolores hérissés dans le puits, qui déchiquettèrent le sort du renard.

Art de l’Épée Tranche-Montagne — Tigre des Montagnes !

Les rocs incolores, nés de l’Épée Informe, se concentrèrent d’un coup et transpercèrent le renard.

Kwaang !

Une explosion monta du puits.

Entre les nuages de poussière, une lueur blanche éclate ; le renard se débattait.

Kraaao !

La lumière se rassembla et forma un renard haut de dizaines de mètres.

Le renard, taille montagne, releva la tête depuis le gouffre et ouvrit sa gueule vers moi.

J’intuis que c’est là sa capacité la plus puissante.

— C’est tout ?

Je le toisa, froid, et ricana.

— À côté des monstres de l’Âme Naissante, c’est mignon.

Fwoosh !

Le renard gigantesque chargea.

L’énergie bout en lui. S’il explose, même un Formation du Noyau ordinaire ne survivrait pas, touché ou pas.

Mais je souris amèrement, garda ma posture et fis face à la blancheur.

Art de l’Épée Tranche-Montagne — Coup Ultime : Tranche-Montagne !

Kugugugu !

Le coup ultime se déchaîna. L’Épée Informe éclata ; du premier au vingt et unième mouvement se succédèrent en un instant.

Propulsée par le vingt et unième—Lac Céleste—l’énergie accumulée des vingt premiers mouvements déferla sur le sort du renard ; une explosion de lueurs blanches et incolores s’ensuit.

Quand la lumière retomba…

Shhhh…

Au loin, le renard et moi échangeons un regard.

Je repris mon élan et pris la posture des Pics Transcendants.

Art de l’Épée Tranche-Montagne — Vingt-troisième Mouvement :

Montagnes sans Fin au-delà des Montagnes !

Alors que mon énergie épuisée reflue, j’étais prêt à relancer le coup ultime.

Le renard capta mon intention ; la panique envahit ses yeux.

— Kr, kruk… !

Il hurla encore.

Des éclairs blancs fusèrent, mais leur nombre et leur puissance avaient nettement baissé.

Art de l’Épée Tranche-Montagne—

Pics Transcendants ; Entrer en Montagne ; Veine Ascendante ; Crête Odoyante…

Vallée qui Répond ; Huit Montagnes, Neuf Mers ; Lac Céleste…

Tranche-Montagne !

Encore une fois, le coup ultime frappe via l’Épée Informe, et le renard, terrifié, n’évita qu’à peine la puissance concentrée.

— Toi… Comment peux-tu lancer sans cesse de telles techniques…

En silence, je maintins Montagnes sans Fin au-delà des Montagnes et regagna ma force.

Trente-huit.

C’est le nombre de fois que je peux déchaîner le coup ultime grâce à Montagnes sans Fin au-delà des Montagnes.

Au-delà, mon corps craquera et la mort s’ensuivra.

Évidemment, rester cloué au lit un jour ou deux après l’avoir utilisé est inévitable.

Mais malgré cela, je peux maintenant porter, trente-huit fois d’affilée, une attaque qui rivalise avec le coup fatal que le renard démoniaque de Formation du Noyau a lancé de toutes ses forces.

Kwa kwa kwa kwang !

Tranche-Montagne !

Les montagnes se fendirent.

Le renard fut jeté à terre.

Porté par l’Épée Informe, le sabre avait atteint sa vraie nature : une technique qui coupe et scinde les montagnes.

— Toi… Va-t’en !

Après trois Tranche-Montagne, le renard ne tint plus et commença à fuir.

Fwoosh !

Des renards de feu montèrent encore ; je les tranchai tous et me ruai.

Au milieu des explosions de trajectoires blanches et incolores, je dépassa flux et impacts et frappa à nouveau :

Tranche-Montagne.

Kwaang !

Un éclat se propagea ; une colline derrière le renard se fendit en deux.

Le renard, qui avait à peine esquivé, haleta et s’enfuit à toute vitesse.

Woong !

Appliquant une technique apprise de Kim Young-hoon dans ma vie passée, je fusionna l’Épée Informe à mon bras.

Ainsi, je poursuis et saisis sa queue.

Puis, bras fusionné à l’Épée, je le fis tournoyer de toutes mes forces.

Kooowooow !

Le corps du renard grand comme une maison s’envola.

Kwaang !!!

Je l’expédia contre une montagne lointaine.

Il traversa trois sommets ; le renard hurla.

— Kiiiik !

Kwaang !

Thump !

De nouveau, je me souda un instant à l’Épée Informe et m’élança, bottant sa mâchoire.

Le choc seul lui fit révulser les yeux ; une fissure en toile craquella le sommet derrière lui.

— Chut…

Je porte un doigt à mes lèvres.

— Silence.

— Ke, kek…

— Devant le maître de la forêt, quel spectacle lamentable donnes-tu ?

Je parla en serrant sa tête.

Le renard me regarda, tremblant ; j’écrasa sa tête au sol avec la force de l’Épée.

— Désormais, je suis le maître de cette forêt. Tais-toi et montre du respect.

Koo kwang, koo kwang !

À plusieurs reprises, je lui saisis le crâne et l’écrasa.

La terre trembla à chaque coup, des nuées de poussière se levèrent.

Et malgré tout, ce renard démoniaque de Formation du Noyau n’était toujours pas mort.

Vitalité ahurissante.

— Faisons sortir tout ce que tu as dans le ventre.

Je saisis sa nuque, le souleva encore et le jetta dans une vallée ouverte par la montagne fendue.

Kwa kwang !

Je suivis et l’enfonça sans relâche au fond avec l’Épée Informe.

— Kiiiik !

— J’ai dit : chut.

Kwaak !

Je l’empoigna encore.

— Alors…

— Ke, kek… pitié… pitié…

— Voyons si les perles de renard existent vraiment.

Woong !

Tenant l’Épée Informe, je la leva haut.

Terrifié, le renard hurla.

— Tu… Tu vas me tuer !

Fwoosh !

Sa queue s’embrasa d’une vive lumière — il semblait brûler son origine ; son aura remonta. Mais je rabattis calmement l’Épée.

Koo kwa kwang !!

La vallée trembla ; pourtant, je fronça les sourcils : il ne restait, à l’endroit du renard, qu’un seul poil blanc — il avait échangé son corps à la dernière seconde.

Technique inhabituelle.

Mais il n’avait pas fui loin. Une lueur blanche s’éloignait au loin.

Je saisis l’Épée Informe et poursuivis le renard à la queue embrasée.

‘Plus vite. Encore plus vite !’

J’accéléra, sans relâche.

Peu à peu, je réduis l’écart.

Le renard se retourna, les yeux pétris de terreur, et cria :

— Hi— hiiiek, ne me poursuis pas ! Va-t’en, monstre !

— Qui traites-tu de monstre ?

Kuaang !

Je balaya de l’Épée ; blême, le renard esquiva encore de justesse.

— Renard mangeur d’hommes.

— Va-t’en ! Pars !

Koo koo koo !

Une petite vallée se creusa là où il avait esquivé.

Le renard serra les dents et fila plus vite encore ; je collai.

L’inverse de notre vie passée.

Alors, le renard me chassait ; maintenant, c’est moi qui chasse.

Koo kung, koo kung, koo koo kung !

À chaque déploiement de l’Épée, des collines s’envolèrent ; le renard esquiva à toute allure.

Nous franchissons montagnes et rivières ; un quart de la Voie de l’Ascension fut avalé par la poursuite.

Le renard fut pris plusieurs fois, mais échappa grâce à sa bizarre technique de “queue ardente”.

Après un moment, la lueur blanche de sa queue pâlit.

Au-dessus d’un petit lac, il s’arrêta enfin, haletant, et me regarda.

Le visage impassible, je m’avança, Épée Informe en main.

— A-arrête ! S’il te plaît, arrête ! Je t’en supplie !

Le renard haléta et implora.

À travers plusieurs vies, cette créature m’a arraché un bras.

Mon bras lance ; effet des Montagnes sans Fin au-delà des Montagnes, et souvenirs amers liés au renard.

— … Épargne-moi. Si tu me laisses la vie, je reconnaîtrai ton autorité et t’obéirai comme maître de cette forêt. Je t’en prie…

Il rampait et mendiait ; je m’approchait et lui décoche un coup de pied au ventre.

— Keeek !

Il hurla, recracha du sang, et s’effondra.

À présent, il était couvert de sang.

Moi, aucun accroc à mes vêtements.

J’ai atteint un niveau où je peux chasser le renard.

— Épargne-moi…

Je le toisa, indifférent.

Le renard m’a toujours dit que, pour rester dans la forêt, je devais offrir un membre.

— … Veux-tu vivre dans MA forêt ?

— …

— Vomis le Noyau Démoniaque. Fais-le, et je t’épargnerai.

— Guuh…

Il grimace de douleur.

Je le fixai, impassible.

Bien que j’aie toujours souffert à cause de lui, il ne m’a jamais tué directement.

Ceci est de la clémence.

Après quelques contorsions, il ferme les yeux et ouvrit la gueule.

Kof, kof !

Pffft !

Il régurgite ; bientôt, un noyau gros comme un poing, d’un éclat vif, émerge.

L’essence et la puissance du renard sont concentrées dans ce Noyau Démoniaque — sa source de renard démon.

Je cueillis le noyau flottant.

Le regard du renard, autrefois vif d’intelligence, se ternit à mesure que je retire l’essence contenue dans le noyau.

Simultanément, son corps rapetissa.

La conscience du renard de Formation du Noyau s’étiola et se recroquevilla dans son crâne.

Ayant vomi le noyau, il redevint un animal ordinaire, bien que son corps garde trois queues à cause de la transformation physique déjà subie.

Un instant, il me regardait, hébété ; puis il lorgna le noyau dans ma main, l’œil gourmand.

Mais je fronça les sourcils ; il gémit comme un chiot de quartier et détala au loin.

Le renard monstrueux qui m’a arraché un bras en dix vies n’est plus.

Il ne reste qu’un petit renard singulier à trois queues, perdu, en fuite.

Je le regarda s’éloigner, puis, le Noyau en main, je regagna mes compagnons.

Ainsi, un autre destin fut surmonté.

Je souris légèrement et revins vers eux, flottant dans l’air.

— Ha, haha… hahahaha… !

Après dix vies, j’ai enfin obtenu tôt dans la vie la force d’abattre le renard qui me menaçait !

Je ris aux larmes en regardant mes compagnons toujours profondément endormis sous mon sort.

‘Peut-être que maintenant, je peux les emmener hors de la Voie de l’Ascension.’

Si nous pouvons partir sans être repérés par les Célestes, alors…

‘Peut-être pourrons-nous vivre cette vie ensemble.’

Je souris en massant mon corps.

Avec seulement 70 % de conscience disponible, Montagnes sans Fin au-delà des Montagnes suffit à vaincre le renard.

Une fois la Malédiction des Cinq Éléments résolue et toute ma conscience recouvrée, je pourrai l’abattre sans même recourir à cette technique.

‘Si je récupère vite ma cultivation, j’augmenterai la sortie de Gang Qi et je l’écraserai sans peine…’

J’ai vécu plus de deux siècles avec le Gang Qi dans mes veines.

Maintenant que seul le sang y coule, ce corps me paraît maladroit.

‘D’abord remettre mon corps d’aplomb, retrouver lentement ma cultivation, et découvrir comment absorber la puissance contenue dans le Noyau Démoniaque…’

Je décida d’apaiser mon corps meurtri par Montagnes sans Fin au-delà des Montagnes avec quelques herbes spirituelles, et détourna un instant mon attention de mes compagnons.

Au moment où je me tourna pour chercher des herbes…

Fwoosh !

Une main rude et ridée saisit ma tête.

[Quoi que je fasse, c’est si fascinant que j’en mourrais. Qu’est-ce donc que ceci ?]

Un vieillard bossu aux yeux pleins de folie m’empoigne le crâne en étirant les lèvres en un sourire.



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